'The Double-Lays' est un concept inventé par l'artiste belge Sophie Destrée inspiré de la visite d'une exposition sur le design japonais en 2012.
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Entre ordre symbolique, apanage des cultures et 'à portée locale' donc, que représente l'objet chosifié sur un fond souvent laissé blanc -non sans connotation suprématiste et fidèle à une peinture figurative classique (huile sur canvas)-, et ordre du signe qui tend à abstraire la signification de l'objet donné pour l'élever au rang plus universel dans la droite ligne du phénomène de la globalisation représenté par le 'double-lay' dont le support additif en toile de cire transparente reprend un slogan, un signe tiré du code de la route, du design contemporain, du graphisme introduisant un sens supplémentaire au signifié de la représentation initiale.
Sur le 2e support ainsi apposé, le monde du signe représenté à l'acrylique phosphorescent et essentiellement rose... PINK IS NOT DEAD!
Le rouge étant connu comme un couleur révolutionnaire mais d'une révolution révolue. Notre ère cybernétique revêt une tonalité rose FLUO qui percute nos inconscients collectifs dans une révolution du FUN, pour tendre à nous faire voir la vie en rose et non en rouge sanglant des révolutions du siècle passé.
Il s'agit néanmoins bien d'une révolution, instrumentalisée, et le 'double-lay' en cire transparente n'est pas sans évoquer la translucidité de nos écrans lumineux, tactiles, interactifs ainsi que la juxtaposition des calques Photoshop qui l'apparente à l'objet de design et les techniques de production d'images virtuelles.
Ainsi, le concept du 'Double-Lay' propose une démarche complètement innovante dans le marché de l'art contemporain actuel au point d'avoir été qualifié "d'avant-garde de l'art contemporain" par un critique d'art anversois lors d'une première présentation publique en juin 2014, dans une galerie d'art à Bruxelles.
D'un point de vue idéologique, le 'Double-Lay' est une réflexion sur nos moyens modernes d'arborer l'ambiguïté du message publicitaire: questionnant le rapport ainsi offert au public entre l'information et ce qu'il vend, touchant directement la problématique du packaging: entre le contenu et le contenant, et, en extrapolant, entre l'ordre de la nature, sauvage, et le lieu de toute les productions tombant sous le joug de l'organisation sociétale des différentes cultures et celui de l'organisation globale visant à élever une régulation du premier ordre au rang de communautés de signifiants à portée référentielle plus universelle, cultivées.
D'un point de vue historique en matière de pratique artistique, la question du rapport support-surface éclaté dans les années 60 ponctuant l'essor formel de l'art conceptuel, est réintroduite par le 'Double-Lay', amenant à repositionner la peinture à l'huile sur toile, à l'ère du tout numérique et de la production des images par tout support instrumentalisé.
Innovation totalement originale dans le monde de l'art contemporain par proposition d'une nouvelle perspective de création d'images où l'art pictural produit selon une méthode non-instrumentalisée, non-aseptisée et pourtant à l'aspect comme tel. Une méthode encore artisanale, sensualisant nos perceptions et qui retrouve sa place malgré les différentes techniques de production qui tendent à faciliter la création d'images d'art virtuelles, vectorisées.
Cependant, une oeuvre reste le produit du cerveau analytique visuel, synthétiquement intellectuel et observateur de l'homme et de la dextérité habile de sa main, certes, imparfaite devant les paramètres algorithmiques des ordinateurs mais dont il manque de cette qualité humaine irremplaçable par la machine qu'est la sensibilité, ce reste humanisant, une dimension émotionnelle dans le rendu final, que ne pourra remplacer la machine.
Les 'double-Lay' choquent et dérangent ainsi et c'est précisément cet inconfort devant un rendu qui, soulevé, qu'a-t-il de dérangeant? Tout semble parfait et pourtant, il y a quelque chose qui cloche: l'aspect trop parfait, où l'on emballe la réalité pour lui conférer l'esthétique vectorielle aseptisée, déshumanisée, aux émotions congelées à l'image des images produites par les instruments technologiques actuels.
Avec le fond laissé blanc et le sujet polaire, l'aspect Ice-cube de notre Ice-age cybernétique n'est pas sans évoquer ce que Jean Baudrillard a nommé 'la pensée frigidaire du logiciel'.
La perfection des images produites par ordinateur offre un rendu clair et précis qui se passe du décorum ou bien, le rend incertain, pas naturel, où les êtres semblent détachés de leur environnement, telle que la représentation chosifiée de mes sujets les rends comme flottants dans l'espace improbable d'un fond volontairement non-travaillé, comme en attente d'un décor à venir par apposition d'un calque supplémentaire, espace intersidéral d'un univers à explorer.
C'est une peinture à l'huile sur canvas incisive, comme travaillée au scalpel, une peinture chirurgicale qui se calque à la déshumanisation de l'oeuvre cybernétique quand la société de l'image tend à faire disparaître l'art au sens initial d'artisanat: habilité de la mécanique parfaite que constitue le cerveau, commande de la mécanique du corps, l'acuité perceptive géniale de l'oeil pour paramètrer l'espace-temps tridimensionnel sur une surface bidimensionnelle de cette incroyable machine peu explorée qu'est l'être humain.
Ce passage du bidimensionnel au tridimensionnel a déjà fasciné beaucoup d'artistes. C'est ainsi que le 'Double-Lay' est également une voie d'extraction du biplan, avant d'entrer dans la création tridimensionnelle de sculptures lumineuses, autre partie de la production de l'artiste.
La société de surconsommation est aussi celle de la surinformation: la superposition d'informations proposée par les 'Double-Lay' ouvrant à de nouvelles significations. Le message est clairement engagé. Protection de l'environnement('My Cute Future Lil Purse', 70x90cm, Double-Lay by So,, lutte contre le cancer ('Touche pas à mon pote', 80x100cm, Double-Lay by So), contre la pollution des océans ('No Polluted Oceans', 55x68cm, Double-Lay by So), Les systèmes monétaires ('Bitchness is a Mindset', 65x81cm, Double-Lay by So)...
La portée du sens, tel un print dans nos esprits, rend, au-delà d'une simple image, un savoir, une connaissance qui marque son emprunte dans nos inconscients collectifs tel un fossile permettant l'ajustement du réel sur tout ce qui pourra en être dit, tendant à infirmer/confirmer son existence, sa véracité.
Voici, par exemple, comment l'"S-Cargot" devient cet animal-totem, sage quand il nous montre comment ralentir le rythme trépidant à l'ère de l'ultra-rapidité et de la mobilité des travailleurs puisqu'ils doivent, à l'instar de ce petit animal, presque porter leur maison sur leur dos. Dans cette peinture monumentale, il est, au contraire, géant comme ces buildings d'appartements, véritables ruches d'habitation dans les mégalopoles de l'ère globalisante.
Compression d'espace, compression vectorielle d'informations, superposition par gain de temps ouvrant de nouvelles informations, mathématique de cette compression d'informations qui vide l'être humain de sa substance pensante et l'instrumentalisant en le coupant de sa source primordiale, celle des émotions et naturelle qu'est l'environnement; appropriation de la nature par ce règne instrumental visant sa gestion 'optimalisée' à l'effet déshumanisant. Oui, puisque le fantasme moderne est de créer une intelligence artificielle à l'image de l'être humain mais dans le but de contrôler l'humain, le parfaire et finir par le dénaturer au point de l'exterminer... et puis par extension d'ambition, tout un biotope, une galaxie?
'L'S-cargot', 2mx2m, Double-Lay by So.
Target sur une réalité moderne, le signe de la circulation locale, le signe du sens interdit (Lire: 'Les Pinguoins de l'Universel d'Ivan Segré) nous enjoint à ralentir devant les dictats uniformisant d'un nouvel ordre mondial car il est en train de basculer dans le travers d'une militarisation: règne de l'"isme' à échelle planétaire et danger de ce type de travers comme l'a montré l'histoire.
'Sens interdits', 70x100cm, Double-Lay by So.
Recul car la guerre froide est tellement refroidie que les grenades en sont congelées (comme dans 'Cold-War', ironie de l'histoire bluffée...);
'Cold War', 80x100cm, Double-Lay by So.
Et cette cigarette, tel un canon publicitaire proposant sa propre guerre venant enfreindre le message contraire à son hégémonie par le slogan 'No Way' qui passe à l'arrière-plan dans un style sérigraphié, manifeste d'une campagne largement déployée contre le tabagisme et malgré ses effets destructeurs démontrés par les organismes mondiaux de la santé.
'No Way', 2mx1m20, Double-Lay by So.
Par commodité, l'artiste a décidé que le signe constitutif du 'double-Lay' est aposé directement sur le canvas initial des plus grands formats, re-réunissant ainsi le conflit du rapport support-surface ouvert dans les années 60 et réintroduit dans le 'Double-Lay' comme critique de l'art conceptuel qui amena de multiples déviances dans la création artistique jusqu'à 'La fin de l'art' annoncée par Danto.
Ainsi, seuls les plus petits formats revêtent le plastique constitutif du concept des 'Double-Lay', laissant le conflit ouvert (ou Tout vert...).
'Le conflit est Tout Vert', 80x100cm, Double-Lay By So.
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Chaque oeuvre est originale et signée, authentifiée unique et produit de l'artiste SOPHIE DESTREE, signé So.
Elle a obtenu sa première cote à la suite d'une exposition chez Pierre Bergé, défendant un autre concept qu'elle a inventé pour faire histoire de l'art: 'Art is Unscannable and the Ready-Made's reversal' avec un code-barre géant intitulé 'Art is Society's Reflect'. Louiza Auktion Sale, février 2013 (voir sur artnet/artprice.com).
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